Le banc sur lequel je ne m’assoirai pas

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Dans une offre de service, ou un aménagement, nous ne distinguons pas suffisamment le fonctionnel de l’imaginaire. Cet article est un plaidoyer pour l’imaginaire.

Que j’aime me promener quand il fait beau dans les petits chemins, dans la nature, dans les villages, faire des ballades à vélo… Il n’y a rien de plus agréable que de partir à l’aventure, et de prendre des chemins de traverse qui coupent entre les routes officielles. Découvrir ainsi les maisons, les paysages et s’imprégner d’un environnement inconnu. On tombe souvent sur de petites perles, des petites maisons hyper mignonnes, des petits chemins bucoliques, et… des bancs. Perdus, comme ça. Seuls. A quoi peuvent-ils bien servir ?

Il n’y a rien de plus difficile a priori que d’aménager un espace public. Que faut-il faire pour que l’on s’y sente bien ? Comment recréer ce qui existe par ailleurs, mais avec une histoire de plus de 1000 ans parfois. Comment ces villages se sont ils développés ? Et pourquoi certains aménagements récents deviennent au fur et à mesure des zones de non droit dans lesquels personne n’aime se promener ? Toutes ces questions ne sont pas tranchées actuellement, mais enfin, de mon point de vue, il me semble que certaines pistes sont plus propices que d’autres à un sentiment de bien être. Et le banc en fait partie.

A quoi sert un banc ? A s’assoir pardi. A se reposer. A s’arrêter un moment. Le banc renvoie donc à une notion de repos, voire de contemplation. Un arrêt dans notre course contre la montre. N’avez vous jamais vu ces vieux au bord de la route regarder les voitures qui passent, assis sur leur banc ? Il y a donc des connotations immédiates qui se font dans notre esprit lorsque l’on voit un objet. Et ces connotations réveillent immédiatement notre imaginaire : nous nous racontons une histoire. Comme le ponton sur un lac, comme une cabane dans un arbre, comme un kiosque dans un jardin public. Qui s’est assis là ? Pourquoi ? Qu’y avait-il auparavant de si important pour qu’un banc fasse son apparition ? Ce n’est pourtant pas une route fréquentée. Non, certes, mais l’aménageur a peut-être pensé que ce point de vue, cet environnement, valait le coup de s’y arrêter. Et de le regarder.

Enfin presque…

Le banc est donc une invitation au bien être, c’est de la bienveillance. C’est pourquoi, même si vous êtes sûrs que personne ne s’arrêtera jamais sur ce chemin parce qu’ils sont bien trop pressés pour rejoindre leur destination, je vous assure que vous donnerez un sentiment de bien être à quiconque verra ce petit banc là, seul, se disant peut-être qu’un jour, il prendra le temps de s’y arrêter lui aussi, comme l’ont du faire certainement quelques uns avant lui… seuls vous et moi savons que ce n’est pas vrai.

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